Le fabricant d’imprimantes 3D Eos a annoncé la commercialisation en novembre 2017 d’un nouveau système de fabrication additive polymères destinées aux usines. Le numéro 3 du secteur assoit ainsi sa place de leader dans un marché de plus en plus concurrentiel.

 

Eos accélère sur l’impression 3D plastique industrielle

 

Le fabricant d’imprimantes 3D Eos, numéro trois mondial du secteur, tient à rester dans la course. Dans quelques mois, au salon Formnext de Francfort du 14 au 17 novembre 2017, il lancera sa nouvelle imprimante 3D plastique baptisée P500, promettant une robustesse et une productivité sans précédent. Le tout pour un coût par pièce 30 % moins cher que les autres imprimantes 3D plastiques du fabricant. La nouvelle a été annoncée mercredi 6 septembre à son centre technologique de Krailling (Bavière) devant ses principaux clients et quelques journalistes.

Plastique en retard par rapport au métal

Avec cette nouvelle machine dont les premières livraisons sont prévues fin 2018, l’ambition du fabricant allemand est de faire entrer l’impression 3D plastique dans les usines. “Le plastique accuse un retard par rapport au métal”, explique Fabian Stöver, responsable de l’activité polymères chez Eos. “Son usage est pour le moment surtout réservé aux prototypes et préséries. L’exigence de productivité est moins importante que pour la fabrication additive métallique, dont les applications sont plus industrielles”.

Mais cela devrait changer, estime le fabricant allemand.  “Le marché est prêt désormais”, assure Thomas Weitlaner, directeur commercial. Eos prévoit un usage de la fabrication additive pour les grandes et moyennes séries en 2020.

Déjà des impressions en série dans le médical

En réalité, l’impression 3D plastique à grande échelle existe déjà dans certains secteurs de niche. Les machines du français Prodways sont vendues pour le secteur médical et produisent déjà en série, notamment des prothèses auditives et des semelles orthopédiques.
Mais Eos cherche à séduire d’autres marchés comme l’aéronautique, plutôt concentré sur l’impression 3D métallique, l’automobile et les transports. “Notre nouvelle machine sera capable d’imprimer à une température de 300 degrés, soit près de 100 degrés de plus que les imprimantes sur le marché. Ce qui rend possible l’impression de nouveaux matériaux comme des thermoplastiques haute-performance”, avance Fabian Stöver. Ce type de matériau résistant aux fortes températures est utilisé notamment dans les avions et les trains.

Vers une impression 3D automatisée

Outre la versatilité des matériaux permise, le nouveau système d’Eos promet d’être “la première étape vers une fabrication additive plastique complètement automatisée”. La P500 peut se connecter aux autres machines de l’usine et au système informatique de l’entreprise, permettant l’échange de données. Les étapes de conversion de fichier sont ainsi éliminées. “Il y a encore des étapes manuelles, comme rajouter de la poudre dans la machine, mais nous comptons automatiser tous les process d’ici à 2020”, explique le responsable de l’activité plastique. Autre particularité : le système P500 est modulaire, il est possible d’ajouter un troisième laser ou d’agrandir la machine pour permettre à la machine de s’adapter.

 

 

 

 

 

Le futur de la fabrication additive selon Eos, en vidéo

Doubler les volumes de production

Avec 343 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016 et 1 200 salariés, Eos est le numéro 3 du marché de l’impression 3D, derrière les américains 3D Systems et Stratasys. Mais grâce à son positionnement tourné vers l’industrie et d’importants investissements en R&D (15 % par an), Eos a moins souffert du nouvel environnement très concurrentiel de l’impression 3D ces dernières années que ses concurrents américains. Son taux de croissance est autour de 20 %. Ses volumes de production devraient doubler en 2018, de 500 à 1 000 machines par an.

Sa place de leader est toutefois en danger avec l’arrivée de géants comme HP ou General Electric (via sa filiale GE Additive) et des entreprises aux technologies très prometteuses en plein essor : notamment les français Prodways et Add-up.